Le Soleil s'endort, la Lune s'envole parmi les étoiles
La Lune s'éteint, le Soleil caresse les montagnes.

Cette aventure m'a été contée, il y a bien longtemps, par un arbre-elfe. Quel était, donc, ce monde d'autrefois ?

La voix de la Montagne tisse des cheminements vers les cimes. Dès lors, les Marcheurs Célestes aspirent la distance afin de se retrouver.

La route serpente. Le vent souffle au travers des mélèzes. Un virage, où coule un torrent, embaume la montagne de fin de journée. Le véhicule s'arrête, chauffant de l'énergie vagabonde le muant en émerveillement. Au fur et à mesure de la descente solaire, deux autres chevaux de fer font leur arrivée.
Retrouvailles et premiers échanges. Une joie est en ambiance du lieu. Les regards ont déjà observé la Vie en Montagne. Premiers crépitements numérisés. Attente du quatrième marcheur. Le voilà.



La rencontre enfin avec ce crapahuteur des Ecrins. A partir de ce moment-là, l'aventure prend son itinéraire. Chacun s'affaire a préparé le bivouac. Une table, des chaises sortent des ventres des chevaux de fer. Du carburant aussi. Ce Champagne est bienvenu pour la Puja en l'honneur des Montagnes gravies.
Paroles auréolées de passions, d'aventures, de clichés d'instants.
Ensuite, la Puja apéritive terminée, le repas se crépite sur une pierrade. Quelques tranches grillent du temps que plat provençalo-italien se bouscule dans l'eau bouillante ; des gnocchis au pistou. Ceci accompagné d'un fort agréable Côte du Rhône. Le dessert en part de melon. Repas d'épicuriens.

Les étoiles ont entre-temps constellées la parure sombre du ciel. Un Yogi-Tea spécial Himalaya réchauffe les marcheurs dont les yeux baignent dans le sommeil. De courte durée.

Qu'est-ce qui poussent certains à se lever à trois heures du matin ? De gravir une montagne.
Simplement d'aller à l'éveil, la résurrection de l'astre solaire. Le réveil un peu difficile pour certains. Un bol de thé, quelques chapati et la troupe s'élance dans la nuit. Les lampes-lucioles diffusent l'empreinte-lumière de la Voie.

Passage en mélézin, un plateau s'ouvre. Les Tours d'Allos se dessinent. Après quelques paroles, le pas des marcheurs roule, déroule le sentier. Un pont de bois, une source. La montée vers le minéral sommet du Pelat s'annonce. Pause buvette d'eau douce. Aux lueurs des frontales, des yeux brillent ; des mouflons. Transpiration, chauffe de la machine corporelle, rythme. Le sentier est rompu sous l'accroche des semelles. Virages, gradins herbeux, l'aube apparait.

Un cairn parmi tant d'autres. Celui-ci amène à un jardin secret ; le Trou de l'Aigle. Le minéral s'impose pour les derniers élans vers la cime du Pelat. Il vente. Les frontales sont dans les sacs. Montée à l'aurore d'un émerveillement.



Arête sommitale. Coup de faiblesse, ravitaillement et encouragements. Une brume matinale encercle ce pic rocheux.
SOMMET... Les Marcheurs Célestes caressent la voûte des mains. L'Astre solaire donne les premières lueurs de son arrivée. Les tasses se remplissent de thé, Puja. Effervescence. Il arrive. Le sommet se couvre de cliquetis, de pas, de mots pris dans le vent, de sourires. Un bonheur Absolu. Renaissance de la Fusion Cosmique.





Les rayons de l'Universel dore la brume, caresse les pentes telles des courbes féminines. Des ombres se dessinent. Les cairns au sommet s'embrasent. Là-haut. Là-haut. Chacun est en partage et en soi. Beau cheminement. Un voyage d'éléments vers la Nature.



La descente s'annonce.



Lentement car la Nature pose des offrandes :

marmotte


chamois


accenteur alpin


mouflons


Tout se fige en un point zéro dans les cartes. Virée dans le jardin. Affalement général dans ce cirque où naquit un glacier. Des chamois, des mouflons, un lac aux verts mouvements


Des cairns surgissent des mains yogiques. Entre-aide afin d'éviter la chute de la pagode cairnique.


Le temps s'écoule suspendu aux nuages qui roupillent dans le ciel. Valse des virages, des rencontres de marcheurs du pèlerinage Pelatien.

Traversée du plateau, le mélezin enchanteur offre la fraîcheur. Retour. Les verres trinquent à nouveau pour cette merveilleuse aventure solaire. Un bonheur partagé. C'était bien.

Cette histoire remonte dans les profondeurs du temps où l'homme avait pris conscience de la folie destructrice qui l'habitait. Ces Marcheurs Célestes traçaient des images en lumière de leur coeur, du respect envers la Nature et des Autres.



L'arbre-Elfe dit :" Regarde ce monde où nous sommes ; une cendre... ". Et, derrière lui, un brin d'herbe gracieux.

Texte : Marc
Photos : Laurent

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